Vue plongeante sur les escaliers baroques en zigzag d'un sanctuaire portugais avec pèlerins en montée
Publié le 15 mars 2024

L’ascension des escaliers sacrés du Portugal n’est pas une course contre la gravité, mais une méditation en mouvement où chaque pas est une conversation entre votre corps et l’esprit du lieu.

  • Le véritable défi n’est pas le nombre de marches, mais l’intention que vous placez dans votre montée, en choisissant entre la gloire reconnue de Braga et l’authenticité brute de Lamego.
  • Chaque palier n’est pas une simple pause, mais une invitation à une introspection sensorielle ou théologique, transformant la fatigue en prise de conscience.

Recommandation : Abordez l’ascension non comme une conquête, mais comme une chorégraphie. Synchronisez votre souffle avec votre cadence et laissez le rythme de la pierre guider votre effort juste.

Face aux escaliers monumentaux de Braga ou de Lamego, le premier réflexe est souvent celui du décompte. Combien de centaines de marches ? Quel dénivelé ? La perspective d’un tel effort physique peut sembler intimidante, une épreuve d’endurance pure réservée aux pèlerins les plus dévoués ou aux sportifs aguerris. On cherche alors des astuces pour « faciliter » l’ascension, pour éviter la chaleur, pour savoir s’il faut prendre de l’eau. Ces préoccupations logistiques sont légitimes, mais elles masquent l’essentiel.

L’approche conventionnelle voit ces escaliers comme un obstacle à franchir pour atteindre un sommet. Elle se concentre sur la performance et l’arrivée, occultant la richesse du chemin lui-même. Mais si la véritable clé n’était pas dans la rapidité de la montée, mais dans la qualité de votre présence à chaque pas ? Si l’effort, loin d’être un ennemi à vaincre, devenait le véhicule même de la contemplation ? C’est la perspective que nous vous proposons d’adopter : celle d’un coach spirituel qui vous guide pour transformer une performance physique en une profonde expérience intérieure.

Cet article n’est pas un simple guide touristique. C’est une feuille de route pour une ascension consciente. Nous allons d’abord analyser les deux grands défis pour vous aider à choisir votre « terrain de jeu ». Puis, nous décoderons le langage symbolique des paliers, explorerons le rôle du funiculaire, et vous donnerons les clés pour une préparation optimale. Enfin, nous aborderons la dimension sacrée du lieu et le contexte artistique qui rend ces architectures si uniques. Préparez-vous à changer de regard.

Pour vous accompagner dans ce périple physique et spirituel, cet article est structuré pour vous guider pas à pas, de la décision initiale à la compréhension profonde du lieu. Découvrez le parcours que nous vous proposons.

Braga ou Lamego : quel escalier offre la perspective la plus vertigineuse ?

Le choix entre le Santuário do Bom Jesus do Monte à Braga et le Santuário de Nossa Senhora dos Remédios à Lamego n’est pas qu’une question de géographie. C’est le choix entre deux philosophies de l’ascension. Votre décision doit se fonder sur le type d’expérience que vous recherchez : la reconnaissance universelle ou le défi plus sauvage.

Braga est la star internationale. Son escalier, une merveille de composition baroque en zigzag, est une véritable mise en scène. Le fait qu’il soit un site du patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2019 n’est pas un détail. Cette reconnaissance souligne une harmonie parfaite entre nature, architecture et spiritualité. L’attrait est indéniable, comme en témoigne le record de plus de 2 millions de visiteurs en 2023. Grimper à Braga, c’est participer à un rituel mondialement célébré, sur un chemin parfaitement balisé et esthétiquement maîtrisé.

Lamego, en revanche, offre une expérience plus brute, plus intime avec l’effort. Avec ses 686 marches, il surpasse légèrement Braga en nombre, mais c’est surtout son intégration dans la ville et son atmosphère moins touristique qui le distinguent. La perspective y est « vertigineuse » non seulement par la vue, mais par le sentiment d’un défi plus personnel, moins encadré. C’est l’escalier des connaisseurs, de ceux qui cherchent l’authenticité d’un pèlerinage encore profondément ancré dans la vie locale.

Pour vous aider à visualiser ces deux défis, le tableau suivant synthétise leurs caractéristiques. Il met en lumière, au-delà des chiffres, deux personnalités bien distinctes, comme le montre une analyse comparative détaillée des deux sites.

Comparatif : Bom Jesus (Braga) vs. Nossa Senhora dos Remédios (Lamego)
Critère Bom Jesus (Braga) Nossa Senhora dos Remédios (Lamego)
Nombre de marches 573-577 marches 686 marches
Dénivelé 116 mètres 605 mètres d’altitude au sommet
Configuration Escalier baroque en zigzag Escalier baroque de 686 marches en zigzag
Patrimoine UNESCO Inscrit depuis 2019 Non inscrit
Funiculaire historique Depuis 1882, à contrepoids d’eau Non

En somme, demandez-vous : cherchez-vous la perfection d’une œuvre d’art totale et reconnue (Braga) ou la puissance d’un effort plus solitaire et ancré dans un terroir (Lamego) ? Votre réponse déterminera le premier pas de votre voyage.

Pourquoi chaque palier de l’escalier représente-t-il un sens ou une vertu ?

Comprendre l’ascension des escaliers sacrés, c’est réaliser que les paliers ne sont pas de simples aires de repos pour reprendre votre souffle. Ce sont des stations de méditation, des chapitres d’un récit que votre corps parcourt. Chaque pause est une opportunité de nourrir votre esprit autant que de reposer vos muscles. À Braga, ce concept est poussé à son paroxysme avec l’Escalier des Cinq Sens et celui des Trois Vertus.

La première partie de votre montée est une chorégraphie sensorielle. Vous traversez l’Escalier des Cinq Sens, où chaque palier est dédié à la vue, l’ouïe, l’odorat, le goût et le toucher. Une fontaine allégorique matérialise chaque sens. Ici, l’invitation est claire : ne vous contentez pas de regarder. Activez chaque sens en pleine conscience. Au palier de la Vue, contemplez l’eau qui s’écoule des yeux de la statue. À l’Ouïe, fermez les yeux et isolez le son de la fontaine du murmure de la forêt. Au Toucher, posez la main sur la pierre fraîche et chargée d’histoire. C’est un échauffement spirituel : vous purifiez vos perceptions avant d’aborder les sphères plus élevées de la foi.

Une fois vos sens éveillés, vous entamez l’Escalier des Vertus. Comme le souligne le Guide Ulysses Travel :

L’Escalier des Vertus est dédié aux trois vertus théologales : Foi, Espérance et Charité. Comme dans l’Escalier des Cinq Sens, chacune des vertus est représentée sous forme de fontaine.

– Guide Ulysses Travel, Description architecturale du sanctuaire

Ici, le dialogue devient plus intérieur. Chaque palier vous invite à une réflexion : où en est votre foi ? Comment se manifeste votre espérance ? Quelle place donnez-vous à la charité ? L’effort physique devient le carburant de cette introspection. À Lamego, le symbolisme est différent mais tout aussi puissant, avec des statues de rois et patriarches qui représentent la lignée terrestre du Christ, créant un cheminement généalogique vers le divin.

Funiculaire à la montée, pied à la descente : est-ce tricher avec l’expérience ?

La question du funiculaire de Braga est un cas de conscience pour de nombreux visiteurs. L’utiliser, est-ce renoncer au pèlerinage, à l’effort purificateur ? En tant que coach, ma réponse est claire : non, ce n’est pas tricher. C’est faire un choix stratégique et s’offrir une expérience complémentaire, celle d’un voyage dans le temps.

Loin d’être une solution de facilité moderne, le funiculaire du Bom Jesus est une pièce d’histoire. Comme le rappelle avec justesse le guide de Porto & North Portugal Tourism :

Le funiculaire du Bom Jesus est un testament à l’ingénierie portugaise du 19e siècle. Inauguré le 25 mars 1882, ce funiculaire à contrepoids d’eau fonctionne entièrement sans électricité en utilisant un système de gravité élégamment simple.

– Porto & North Portugal Tourism, Guide complet du visiteur 2026

Monter à bord, c’est donc s’immerger dans le génie de l’époque, sentir le mécanisme unique actionné par le poids de l’eau. C’est une expérience en soi, une contemplation mécanique qui précède la contemplation spirituelle. Ce n’est pas un hasard si près de 400 000 personnes l’ont emprunté en 2023 ; il fait partie intégrante de la visite.

La stratégie « funiculaire à la montée, escaliers à la descente » est d’ailleurs excellente pour le corps. Elle vous permet d’arriver au sommet avec toute votre énergie pour explorer l’église et les jardins, et de profiter de la descente pour admirer l’architecture et les perspectives sans la contrainte de l’essoufflement. La descente devient alors un moment de « récupération active » et de contemplation pure, où votre regard peut se porter pleinement sur les détails que vous auriez manqués dans l’effort de la montée.

Vue latérale du funiculaire centenaire montant à travers la forêt verdoyante de Braga

Envisagez le funiculaire non pas comme un raccourci, mais comme la première partie de votre visite. Il vous met en condition, vous raconte une histoire technologique et préserve votre capital physique pour la suite. L’expérience n’est pas diminuée, elle est simplement séquencée différemment.

L’erreur de commencer l’ascension à midi en plein mois d’août sans eau

Toute performance, qu’elle soit sportive ou spirituelle, exige une préparation. Se lancer dans l’ascension des escaliers monumentaux sans un minimum de planification est la meilleure façon de transformer une potentielle expérience sublime en un calvaire. L’erreur la plus commune est de sous-estimer l’environnement : le soleil de plomb sur la pierre, l’absence d’ombre sur certaines portions et l’effort soutenu.

Le timing est votre premier allié. Commencer l’ascension aux heures les plus chaudes d’une journée d’été n’est pas un signe de bravoure, mais un manque de jugement. L’idéal est de privilégier tôt le matin ou la fin d’après-midi. Non seulement vous éviterez les températures extrêmes, mais vous bénéficierez d’une lumière beaucoup plus belle, qui sculpte les reliefs de l’architecture et transforme votre expérience visuelle. L’air est plus frais, les lieux moins fréquentés, et votre corps vous remerciera. L’expérience sensorielle n’en sera que plus riche, comme le décrit ce témoignage : « Les multitudes de fleurs colorées […] étaient en pleine floraison et l’air était épais du parfum flottant de glycine. C’était paradisiaque. » Choisir le bon moment, c’est se donner la chance de vivre ce genre de magie.

Au-delà du timing, votre équipement est crucial. Ne partez jamais sans eau. Même si les fontaines baroques sont magnifiques, leur eau n’est pas toujours potable. L’hydratation est la clé pour maintenir votre lucidité et votre endurance. Un bon équipement ne se résume pas à l’aspect pratique ; il peut aussi enrichir votre démarche contemplative. Pour vous aider, voici un plan d’action simple.

Votre plan de marche pour une ascension consciente et réussie

  1. Hydratation et Énergie : Prévoyez au minimum 1 litre d’eau par personne et un en-cas local (comme une « bola » de Lamego) pour une récompense symbolique et énergétique au sommet.
  2. Protection : Emportez chapeau, lunettes de soleil et crème solaire. Les escaliers, faits de pierre claire, peuvent être très exposés et réfléchir la lumière.
  3. Intention et Réflexion : Munissez-vous d’un petit carnet. Utilisez les paliers pour y noter une pensée, une intention ou une observation, transformant la pause physique en ancrage mémoriel.
  4. Équipement Approprié : Portez des chaussures confortables avec un bon amorti. Le granite est impitoyable pour les articulations, à la montée comme à la descente.
  5. Planification de la Lumière : Visez une ascension en fin de journée. Le coucher du soleil offre une lumière dorée qui baigne l’escalier et la basilique, créant un spectacle inoubliable et des photos magnifiques.

Comment réagir avec respect face aux promesses (« Promessas ») accomplies à genoux ?

Votre ascension vous amènera peut-être à être le témoin d’une des pratiques de foi les plus poignantes du Portugal : l’accomplissement d’une « promessa ». Voir un fidèle gravir les centaines de marches à genoux peut être déconcertant. Il est crucial de comprendre qu’il ne s’agit pas d’un spectacle, mais de l’acte final d’un dialogue intime avec le divin.

Une « promessa » est un vœu, un contrat personnel passé avec Dieu, un saint ou la Vierge. En échange de l’exaucement d’une prière intense – souvent liée à une guérison, la réussite d’un examen ou le retour d’un proche –, le fidèle s’engage à accomplir un acte de dévotion. Monter les escaliers à genoux est l’une des formes les plus visibles de cet accomplissement. Ce n’est pas une pénitence ou une punition, mais l’expression d’une immense gratitude, un remerciement physique et public pour une grâce reçue. Comprendre cela change radicalement votre perception : vous n’assistez pas à une souffrance, mais à la célébration d’une foi incarnée.

Votre rôle en tant que visiteur est celui du témoin silencieux et respectueux. La meilleure façon de montrer votre respect est par la discrétion. Voici quelques règles de conduite simples à adopter :

  • Gardez vos distances : Laissez un large espace autour des pèlerins. Ne les frôlez pas et ne coupez jamais leur chemin.
  • Soyez discret : Évitez de fixer, de pointer du doigt ou de prendre des photos ou vidéos de manière ostentatoire. Cet instant leur appartient.
  • Maîtrisez votre voix : Parlez à voix basse lorsque vous êtes à proximité. Le silence est une marque de respect pour leur concentration et leur prière.
  • Faites preuve d’empathie : Au lieu de la curiosité, cultivez un sentiment de respect pour l’intensité de leur engagement.

Comme le partage une visiteuse, le respect des pratiques locales enrichit l’expérience de tous. Votre attitude bienveillante contribue à préserver la sacralité du lieu, pour les fidèles comme pour vous.

Comment monter les escaliers du Bom Jesus de Braga en comprenant la théologie des sens ?

L’ascension du Bom Jesus n’est pas qu’un exercice physique ; c’est un parcours catéchétique conçu pour être vécu avec le corps. Pour en saisir toute la profondeur, il faut la comprendre comme une Via Crucis (Chemin de Croix) symbolique et ascendante, qui vous purifie avant d’arriver à l’église, point culminant du salut.

L’ensemble est conçu comme une progression complète. Le parcours commence au pied du mont, où une série de chapelles abritant des sculptures évoquent la Passion du Christ. Votre montée physique suit ce récit de souffrance et de sacrifice. L’escalier lui-même, avec ses paliers sensoriels et vertueux, agit comme une transition. Il vous fait passer du monde terrestre (les sens) au monde céleste (les vertus théologales), en vous purifiant étape par étape. Chaque fontaine est un point d’eau symbolique, un lieu de pause pour méditer sur un aspect de votre humanité ou de votre foi. L’effort de la montée, le souffle qui se fait court, la sueur : tout votre corps est engagé dans ce processus de transformation.

Détail macro d'une fontaine baroque avec l'eau s'écoulant d'une sculpture représentant un sens

La clé est d’aborder chaque section avec une intention claire. Dans la partie basse (les chapelles de la Passion), marchez avec une conscience de l’effort, en l’unissant symboliquement au chemin du Christ. Dans l’Escalier des Cinq Sens, engagez activement vos sens comme décrit précédemment. Dans l’Escalier des Vertus, laissez l’effort ouvrir votre esprit à des réflexions plus profondes. La fatigue physique a ici une fonction théologique : elle rend l’esprit plus perméable, plus humble, plus réceptif au message des statues et des allégories. Vous n’arrivez pas au sommet simplement fatigué, mais symboliquement purifié, prêt à entrer dans l’église qui représente la Résurrection et la gloire divine.

Dans quel ordre visiter les miradours pour être toujours en descente ?

Après l’effort, la contemplation. Profiter des vues panoramiques est la juste récompense de votre ascension. Pour optimiser cette phase de récupération et de plaisir visuel, une stratégie simple consiste à organiser votre exploration pour être majoritairement en descente, en transformant le parcours en une douce déambulation entre les plus beaux points de vue.

La méthode la plus efficace est de commencer par le point le plus haut. Que vous soyez monté à pied, en funiculaire ou en voiture (un parking est disponible au sommet), votre exploration des « miradouros » doit débuter au niveau du sanctuaire. Cela vous permet d’embrasser immédiatement la vue la plus complète et la plus lointaine sur la ville de Braga et la campagne verdoyante du Minho. C’est le panorama de la récompense, celui qui met votre effort en perspective.

À partir de là, votre itinéraire est une descente scénarisée :

  1. Commencez au parvis de l’église : C’est le point de vue le plus élevé et le plus large. Prenez le temps d’explorer les abords du sanctuaire, qui offrent plusieurs angles de vue.
  2. Descendez par l’Escalier des Vertus : Chaque palier vous offre une nouvelle perspective, plus cadrée, sur l’escalier lui-même et sur le paysage qui se dévoile progressivement entre les volées de marches.
  3. Poursuivez par l’Escalier des Cinq Sens : Ici, les vues deviennent plus architecturales. Votre attention se porte sur les détails des fontaines, des statues et la symétrie parfaite de la composition.
  4. Terminez au portique d’entrée : Une fois en bas, retournez-vous. Comme le souligne le guide officiel de Visit Portugal, « Toute visite doit inclure la vue depuis le bas de l’Escalier ». C’est le point de vue iconique, celui qui révèle toute la majesté et la complexité de ce que vous venez de descendre. C’est la vue de l’humilité face à la grandeur de l’œuvre.

Cette approche vous permet de passer sans effort d’une vue d’ensemble à une appréciation des détails, en utilisant la gravité comme votre alliée. Votre corps se repose tandis que votre esprit continue de s’émerveiller.

À retenir

  • L’ascension est un choix : la renommée orchestrée de Braga contre l’authenticité brute de Lamego.
  • Chaque palier est une station de méditation : les sens et les vertus à Braga, la généalogie sacrée à Lamego.
  • La préparation est essentielle : privilégiez le matin ou le soir, hydratez-vous et partez avec des chaussures adaptées pour transformer l’épreuve en plaisir.

Pourquoi le baroque portugais est-il plus doré et chargé que le baroque italien ?

En arrivant au sommet, après l’effort de la montée, vous entrez dans l’église. L’extérieur, fait d’un granit gris austère typique du nord du Portugal, contraste de manière saisissante avec l’intérieur. Vos yeux, habitués à la lumière du jour, sont soudainement confrontés à une exubérance de dorures, de bois sculptés et de détails foisonnants. Cette opulence, qui définit le baroque « joanin » portugais du XVIIIe siècle, n’est pas un simple choix esthétique. C’est la manifestation directe de la puissance de l’empire portugais.

La différence fondamentale avec le baroque italien, souvent plus centré sur le marbre, la fresque et un équilibre architectural, réside dans une ressource : l’or du Brésil. Au XVIIIe siècle, des quantités colossales d’or extraites des mines du Minas Gerais affluent vers le Portugal. Cette richesse inouïe permet de financer la construction et la décoration somptueuse d’innombrables églises. Le retable de la chapelle principale, avec ses dorures éclatantes, n’est pas qu’un acte de foi ; c’est une démonstration de puissance impériale et de richesse. Chaque feuille d’or posée est un rappel de l’étendue d’un empire qui s’étend de l’autre côté de l’Atlantique.

Cette débauche ornementale, appelée « talha dourada » (sculpture sur bois dorée), devient la signature de l’art sacré portugais. Elle vise à créer un espace céleste sur terre, un avant-goût du paradis pour le fidèle émerveillé. Le but est de submerger les sens, de créer un choc émotionnel qui élève l’âme. Cette tradition est si vivace qu’elle attire encore des foules immenses. Pour la procession de Nossa Senhora dos Remédios à Lamego, par exemple, les autorités attendent plus de 100 000 personnes, preuve que ces lieux sont tout sauf des musées figés. Comprendre cela, c’est réaliser que l’or qui brille dans l’église est le même qui a financé la construction de l’escalier que vous venez de gravir. L’effort physique à l’extérieur et la splendeur à l’intérieur sont les deux faces d’une même pièce historique et spirituelle.

Maintenant que vous avez gravi les marches et admiré l’or, il est temps de boucler la boucle et de comprendre comment le contexte historique donne tout son sens à l'expérience globale.

Vous avez maintenant toutes les clés pour aborder ces géants de pierre non plus comme des montagnes à conquérir, mais comme des chemins à parcourir. Votre souffle, votre rythme et votre attention sont les outils qui transformeront l’effort en élévation. Évaluez dès maintenant quel escalier correspond le mieux à votre quête personnelle et préparez-vous à vivre une expérience qui marquera autant votre corps que votre esprit.

Rédigé par João Ferreira, Historien de l'art et guide conférencier officiel agréé par le Turismo de Portugal. Avec 15 ans d'expérience dans la médiation culturelle à Lisbonne et Coimbra, il est spécialisé dans l'architecture manuéline et l'histoire coloniale portugaise.