
En résumé :
- Utilisez les ascenseurs publics et escalators gratuits (« raccourcis verticaux ») pour éviter les montées les plus rudes.
- Planifiez vos itinéraires en « logique de descente » : commencez au point le plus haut et explorez en descendant.
- Adaptez vos chaussures à la « Calçada Portuguesa » : privilégiez des semelles épaisses et antidérapantes.
- Combinez intelligemment les transports (Uber, bus, funiculaires) pour optimiser vos efforts et votre budget.
Lisbonne, la « ville aux sept collines », séduit par ses ruelles colorées, ses points de vue imprenables et son ambiance mélancolique. Pourtant, pour de nombreux voyageurs, cette topographie unique est une source d’appréhension. Seniors, familles avec poussettes ou toute personne soucieuse de sa condition physique peut redouter l’effort que représente l’exploration de la capitale portugaise. La simple idée de grimper jusqu’au château São Jorge ou de déambuler dans l’Alfama peut sembler épuisante avant même d’avoir commencé.
Le conseil habituel se résume souvent à « porter de bonnes chaussures ». Si cette recommandation est juste, elle est largement insuffisante. Elle ignore la nature même du défi lisboète, qui n’est pas une simple question de marche, mais de gestion de l’énergie face à des dénivelés constants et un sol parfois capricieux. L’approche traditionnelle, qui consiste à suivre les foules de touristes, mène bien souvent à l’épuisement dès le premier jour, transformant un séjour de rêve en une épreuve d’endurance.
Mais si la véritable clé n’était pas de subir le relief, mais de jouer avec lui ? Cet article adopte une perspective différente, celle de l’ergonomie urbaine. En tant que kinésithérapeute spécialisé dans la marche, je vous propose de voir Lisbonne non pas comme une montagne à gravir, mais comme un terrain de jeu stratégique. Nous allons déconstruire les mythes, révéler les « raccourcis verticaux » que la ville met à votre disposition, et vous donner les clés pour planifier des itinéraires intelligents qui préservent vos articulations et votre énergie. L’objectif est simple : vous permettre de profiter pleinement de chaque panorama et de chaque ruelle, en transformant chaque montée en une décision stratégique et chaque descente en une exploration sereine.
Ce guide est conçu pour vous aider à maîtriser la topographie de Lisbonne. Vous découvrirez comment utiliser les transports publics de manière astucieuse, dans quel ordre visiter les sites pour minimiser les efforts, et comment faire les bons choix pour vos déplacements quotidiens.
Sommaire : Naviguer sur les pentes de Lisbonne : votre plan de match
- Pourquoi ignorer les « Elevadores » publics va ruiner vos mollets dès le premier jour ?
- Comment prendre le tram 28 sans faire 2 heures de queue en plein soleil ?
- Tuk-tuk électrique ou Uber : quelle option choisir pour monter au château ?
- L’erreur de porter des talons ou des tongs sur la « Calçada Portuguesa »
- Dans quel ordre visiter les miradours pour être toujours en descente ?
- Funiculaire à la montée, pied à la descente : est-ce tricher avec l’expérience ?
- Comment créer son propre itinéraire dans l’Alfama sans suivre le flot touristique ?
- Navegante ou Lisboa Card : quel pass choisir pour optimiser vos déplacements à Lisbonne ?
Pourquoi ignorer les « Elevadores » publics va ruiner vos mollets dès le premier jour ?
L’une des plus grandes erreurs du visiteur non averti est de considérer chaque déplacement comme un trajet horizontal. À Lisbonne, la verticalité est la norme. Heureusement, la ville a intégré des solutions ingénieuses, de véritables « raccourcis verticaux » qui sont vos meilleurs alliés pour préserver votre énergie. Ignorer ces dispositifs, c’est s’infliger inutilement des montées abruptes qui peuvent compromettre la suite de votre journée et même de votre séjour. La fatigue musculaire, en particulier au niveau des mollets et des quadriceps, s’installe rapidement et peut transformer la découverte en corvée.
Le plus célèbre, l’Elevador de Santa Justa, est malheureusement devenu une attraction touristique à part entière, avec des files d’attente dissuasives et un coût élevé (5,30 €). La bonne stratégie consiste à le délaisser au profit d’alternatives gratuites et tout aussi efficaces. Par exemple, l’Elevador do Castelo, inauguré en 2013, est un système moderne de deux ascenseurs publics qui vous transporte sans effort du quartier de la Baixa (ville basse) jusqu’aux abords du château São Jorge. C’est la solution par excellence pour une montée confortable et gratuite.
De même, des escalators sont discrètement intégrés dans la ville. Ceux de la station de métro Baixa-Chiado permettent de passer de la ville basse au quartier chic du Chiado sans grimper la colline. Un autre ascenseur gratuit, l’Elevador Baixa, est même caché à l’intérieur du supermarché Pingo Doce au Largo Chão do Loureiro. En intégrant ces points de passage dans votre planification, vous ne faites pas que gagner du temps : vous gérez activement votre capital énergie pour le consacrer à ce qui compte vraiment, l’exploration et le plaisir.
Voici une liste concrète des ascenseurs et funiculaires les plus utiles à intégrer dans vos parcours quotidiens. Gardez à l’esprit que l’utilisation de ces systèmes est la base d’une visite ergonomique de Lisbonne, comme le montre une analyse détaillée des solutions de mobilité verticale.
- Utilisez l’Elevador do Castelo (gratuit) depuis la Rua dos Fanqueiros pour une ascension directe vers le château.
- Prenez l’Elevador Baixa (gratuit) au Largo Chão do Loureiro, via le magasin Pingo Doce, pour une alternative rapide.
- Profitez des escalators de la station Baixa-Chiado pour basculer gratuitement entre les quartiers bas et hauts.
- Intégrez les funiculaires historiques (Bica, Glória, Lavra) à votre journée en utilisant un pass transport 24h pour une rentabilité maximale.
- Évitez la file et le coût de l’Elevador de Santa Justa et préférez un accès piéton par le Convento do Carmo.
Considérez ces ascenseurs et escalators non pas comme des gadgets, mais comme des extensions du réseau de transport. Les utiliser systématiquement pour les montées est le premier pas vers une exploration intelligente et sans douleur de Lisbonne.
Comment prendre le tram 28 sans faire 2 heures de queue en plein soleil ?
Le tramway 28 est une icône de Lisbonne, un charmant wagon jaune qui serpente à travers les quartiers historiques de Graça, Alfama, et Estrela. Pour beaucoup, c’est un incontournable. Cependant, la réalité est souvent moins poétique : des files d’attente de plusieurs heures au terminus de Martim Moniz, surtout entre 10h et 17h, et un wagon si bondé qu’il est impossible d’apprécier le paysage. Tenter l’expérience en pleine journée revient à choisir la frustration et l’inconfort, particulièrement pour les personnes sensibles à la foule et à la chaleur.
La stratégie pour profiter du tram 28 sans ses inconvénients repose sur deux principes : l’horaire et le point de départ. Une étude sur son affluence est formelle : le trajet complet du tram 28 dure entre 40 et 50 minutes, mais la fenêtre de tranquillité se situe avant 9h du matin ou après 19h. À ces heures, non seulement la file d’attente est quasi inexistante, mais vous aurez de bien meilleures chances d’obtenir une place assise et de pouvoir admirer la vue par la fenêtre.
L’autre astuce cruciale est de le prendre à l’envers. Au lieu de partir du terminus ultra-fréquenté de Martim Moniz, prenez le métro jusqu’à l’autre bout de la ligne, au terminus de Campo de Ourique. Ce quartier résidentiel et paisible est ignoré par la majorité des touristes. Vous pourrez y monter à bord tranquillement, souvent en étant parmi les premiers passagers. Vous ferez ainsi le trajet mythique dans le bon sens, en direction du centre-ville, dans des conditions bien plus agréables.

Enfin, une alternative souvent méconnue existe : le tram 12E. Il effectue une boucle plus courte mais emprunte la partie la plus pittoresque du trajet du 28, à travers les ruelles étroites de l’Alfama. Moins célèbre, il est donc beaucoup moins fréquenté et constitue une excellente option pour vivre l’expérience du tramway historique sans la cohue. C’est un choix judicieux pour les familles avec de jeunes enfants ou toute personne souhaitant éviter le stress de la foule.
En somme, le tram 28 peut être une expérience mémorable ou un véritable calvaire. Le choix vous appartient et dépend entièrement de votre planification. En privilégiant les heures creuses et les points de départ alternatifs, vous transformez une attraction surpeuplée en une balade authentique et reposante.
Tuk-tuk électrique ou Uber : quelle option choisir pour monter au château ?
La montée vers le Castelo de São Jorge est l’un des défis physiques majeurs de Lisbonne. Si vous avez renoncé à la marche et aux ascenseurs publics, plusieurs options motorisées s’offrent à vous. Les deux plus populaires sont les tuk-tuks électriques, omniprésents dans les zones touristiques, et les services de VTC comme Uber ou Bolt. Le choix entre ces deux solutions dépend de vos priorités : l’expérience, le coût ou l’accessibilité.
Le tuk-tuk électrique offre une expérience touristique à part entière. Le trajet est souvent commenté par le chauffeur, qui fait office de guide, et le véhicule ouvert permet de profiter de vues panoramiques. C’est une option immédiate et pratique si vous êtes déjà dans le centre, mais c’est aussi la plus onéreuse. Il faut compter entre 15 et 20 € par personne pour une montée simple. De plus, leur confort est sommaire et ils ne sont généralement pas adaptés pour les personnes à mobilité réduite ou pour installer un siège bébé.
À l’inverse, Uber ou Bolt représentent la solution la plus économique et confortable. Pour un trajet similaire, le coût sera de 5 à 8 € pour la voiture entière, et non par personne. Vous bénéficiez du confort d’une voiture moderne, mais l’expérience est purement fonctionnelle : un simple transport d’un point A à un point B. Le principal inconvénient est que les VTC ne peuvent pas toujours accéder aux ruelles les plus étroites et vous déposeront parfois à quelques minutes de marche de l’entrée du château, comme au Largo das Portas do Sol. Une troisième voie, celle des transports publics avec le bus 737, est la plus économique mais demande une planification plus fine.
Pour prendre la meilleure décision, une analyse comparative récente détaille les avantages et inconvénients de chaque mode de transport pour accéder aux hauteurs de la ville.
| Critère | Tuk-tuk électrique | Uber/Bolt | Transport public |
|---|---|---|---|
| Coût par personne | 15-20€ | 5-8€ | 1,66€ (avec Zapping) |
| Temps d’attente | Immédiat (zones touristiques) | 5-10 minutes | Variable (5-15 min) |
| Point de dépose | Directement au château | Rues accessibles uniquement | Arrêt Portas do Sol + marche |
| Valeur expérientielle | Guide + vues panoramiques | Trajet direct confortable | Expérience locale authentique |
| Accessibilité PMR | Non adapté | Variable selon véhicule | Bus 737 accessible |
Une stratégie hybride, testée par des visiteurs, consiste à prendre un Uber jusqu’au point le plus haut accessible en voiture (Largo das Portas do Sol) et de finir les 500 derniers mètres à pied. Cette approche permet une économie substantielle par rapport au tuk-tuk tout en profitant des ruelles pittoresques pour la dernière partie du trajet, transformant une contrainte d’accès en une opportunité de découverte.
Le choix final est donc un arbitrage personnel. Si vous cherchez une balade commentée et que le budget n’est pas votre priorité, le tuk-tuk est pour vous. Si vous privilégiez l’efficacité et l’économie, Uber ou Bolt seront vos meilleurs alliés.
L’erreur de porter des talons ou des tongs sur la « Calçada Portuguesa »
Le sol de Lisbonne est une œuvre d’art en soi. Comme le soulignent de nombreux guides :
Le sol est recouvert de ces petits pavés noirs et blancs qui font les empedrados
– I-Voyages, Guide Lisbonne : Sept collines à visiter à pied
Cette mosaïque, la Calçada Portuguesa, est composée de petits blocs de calcaire polis par des millions de pas. Si elle est magnifique, elle est aussi un véritable piège pour les chaussures inadaptées. L’erreur la plus commune, et potentiellement la plus dangereuse, est de penser que des chaussures plates comme des tongs ou des sandales fines suffisent sous prétexte qu’il fait chaud. C’est ignorer deux caractéristiques fondamentales de ce revêtement : il est irrégulier et peut devenir extrêmement glissant.
D’un point de vue ergonomique, chaque pavé présente une surface légèrement différente, créant des micro-instabilités à chaque pas. Pour des pieds non soutenus par une semelle rigide, cela entraîne une sur-sollicitation des muscles stabilisateurs de la cheville et de la voûte plantaire. La fatigue apparaît bien plus vite, et le risque d’entorse, surtout en descente, est bien réel. De plus, les talons, même petits, peuvent facilement se coincer entre les pavés, provoquant des chutes.

Le deuxième danger est l’adhérence. Polie par le temps et l’usage, la Calçada devient une véritable patinoire lorsqu’elle est humide, même après une courte averse. Les tongs ou chaussures à semelle lisse n’offrent aucune accroche, transformant une simple balade en un exercice d’équilibre périlleux. Même par temps sec, la poussière fine peut réduire l’adhérence dans les pentes les plus raides.
Le choix des chaussures pour Lisbonne ne doit donc pas se baser uniquement sur le confort, mais sur deux critères essentiels : le soutien et l’adhérence. Optez pour des baskets de marche, des chaussures de randonnée légères ou des sandales de sport avec une semelle épaisse et crantée. Votre corps vous remerciera. Une bonne paire de chaussures n’est pas une dépense, c’est un investissement dans la sécurité et le plaisir de votre séjour, qui vous permettra de marcher des heures sans douleur ni appréhension.
Penser à la santé de vos articulations et à votre sécurité commence par le choix de ce qui vous connecte au sol. À Lisbonne, cette connexion est plus exigeante qu’ailleurs.
Dans quel ordre visiter les miradours pour être toujours en descente ?
Les « miradouros », ou belvédères, sont l’âme de Lisbonne. Ils offrent des panoramas à couper le souffle sur les toits de la ville et le Tage. Le problème, c’est qu’ils sont, par définition, situés en hauteur. Tenter de les visiter en montant à chaque fois est la recette garantie pour un épuisement rapide. La stratégie la plus intelligente consiste à inverser la logique : planifier un « Grand Tour des Miradors » qui ne se fait quasiment qu’en descente.
Le principe est simple : commencer par le point le plus élevé et se laisser glisser de point de vue en point de vue. Le mirador le plus haut et offrant la vue la plus spectaculaire est le Miradouro da Senhora do Monte. C’est le point de départ idéal de votre itinéraire. L’astuce consiste à y monter une seule fois, en utilisant un taxi, un Uber ou un tuk-tuk (environ 8-10€ depuis le centre). Cet investissement initial sera largement compensé par l’énergie que vous économiserez pour le reste de la journée.
Une fois au sommet, tout n’est que plaisir. Vous pouvez tranquillement descendre à pied vers le Miradouro da Graça, tout proche. De là, une agréable promenade à travers les ruelles de l’Alfama vous mènera aux deux miradors les plus célèbres, les jumeaux Miradouro das Portas do Sol et Miradouro de Santa Luzia. Votre parcours se termine naturellement en bas, dans le quartier de la Baixa ou près de la Cathédrale Sé, où vous pourrez vous reposer, prêt pour une nouvelle aventure. Un itinéraire optimisé pour les miradors est la clé pour profiter sans souffrir.
Votre plan d’action : auditer votre itinéraire des miradors
- Points de contact : Listez votre unique point de montée (ex: station de taxi Baixa) et votre point d’arrivée final (ex: Praça do Comércio).
- Collecte : Ouvrez une carte et inventoriez les miradors que vous souhaitez voir (Senhora do Monte, Graça, Portas do Sol, etc.).
- Cohérence : Vérifiez que votre itinéraire à pied relie bien les miradors dans un ordre strictement décroissant en altitude. L’itinéraire Senhora do Monte -> Graça -> Portas do Sol est un exemple parfait.
- Mémorabilité/émotion : Assurez-vous de commencer par le point de vue le plus panoramique (Senhora do Monte) pour un effet « wow » maximal.
- Plan d’intégration : Estimez les temps de marche entre chaque mirador (ex: 10 min de Senhora do Monte à Graça) pour rythmer votre journée sans précipitation.
Cette méthode, que l’on pourrait appeler « un jour, une colline », a été testée avec succès par de nombreux visiteurs, notamment des seniors. En dédiant une journée ou une demi-journée à une colline, en montant une seule fois par un moyen motorisé et en explorant uniquement en descente, ils ont pu découvrir la ville en profondeur sans jamais ressentir de fatigue excessive.
Cette approche transforme une contrainte topographique en un avantage narratif, vous faisant découvrir la ville comme si vous dérouliez une carte, du point le plus haut au plus bas.
Funiculaire à la montée, pied à la descente : est-ce tricher avec l’expérience ?
Une question revient souvent chez les voyageurs qui aiment l’authenticité : utiliser les funiculaires, trams et ascenseurs pour les montées, n’est-ce pas « tricher » ? Est-ce que cela ne dénature pas l’expérience de découverte d’une ville qui se vit à pied ? D’un point de vue purement ergonomique et de santé, la réponse est un non catégorique. Bien au contraire, c’est une stratégie intelligente qui augmente la qualité et la quantité de ce que vous pouvez découvrir.
La montée est l’effort le plus traumatisant pour le système cardiovasculaire et les articulations, notamment les genoux et les hanches. En déléguant cet effort à un moyen mécanique, vous préservez votre « budget énergétique » quotidien. Une étude informelle menée auprès de touristes a même quantifié ce gain : utiliser systématiquement les transports verticaux pour monter permet d’économiser en moyenne deux heures d’énergie par jour. Ce temps et cette énergie peuvent alors être réinvestis dans des activités à plus forte valeur ajoutée : visiter un musée supplémentaire, flâner plus longtemps dans les ruelles de l’Alfama, ou simplement s’asseoir à la terrasse d’un café pour s’imprégner de l’atmosphère.
La descente, quant à elle, est beaucoup moins exigeante sur le plan cardiaque, bien qu’elle demande de la vigilance pour les genoux sur un sol irrégulier. Descendre à pied est donc le compromis parfait : vous profitez de l’exploration, des détails architecturaux, des boutiques et de l’ambiance des rues, sans l’effort intense de la montée. La stratégie « montée mécanique, descente à pied » n’est donc pas de la triche, mais une optimisation de l’expérience touristique. C’est un moyen de voir plus, de faire plus, et de finir la journée moins fatigué et plus satisfait.
Loin de dénaturer la visite, cette approche permet de la prolonger et de l’enrichir. Elle rend la ville accessible à tous, y compris aux personnes pour qui une succession de montées serait tout simplement rédhibitoire. C’est une façon de s’adapter intelligemment à l’environnement pour en tirer le meilleur parti, une compétence essentielle pour tout voyageur moderne.
En fin de compte, le but d’un voyage n’est pas de prouver son endurance, mais de collectionner des souvenirs et des émotions. Gérer son effort est la meilleure manière de maximiser les deux.
Comment créer son propre itinéraire dans l’Alfama sans suivre le flot touristique ?
L’Alfama est le cœur historique et le plus vieux quartier de Lisbonne. Avec ses ruelles labyrinthiques, ses escaliers cachés et son linge qui sèche aux fenêtres, c’est une invitation à se perdre. Cependant, la plupart des touristes suivent le même chemin, créant des « autoroutes » piétonnes qui peuvent gâcher l’expérience. On estime que près de 80% des visiteurs entrent dans l’Alfama par la Cathédrale Sé, suivant ensuite le trajet du tram 28. Pour vraiment ressentir l’âme du quartier, il faut oser s’écarter de ces sentiers battus.
Créer son propre itinéraire peut sembler intimidant, mais une méthode simple existe : utiliser la topographie à votre avantage. Avant de partir, ouvrez une application de cartographie (comme Google Maps) et activez le mode « Relief » ou « Terrain ». Vous verrez apparaître les courbes de niveau, qui sont des lignes indiquant les points de même altitude. Votre objectif est de trouver des rues qui suivent ces courbes de niveau, c’est-à-dire qui sont relativement plates. La Rua de São Miguel, par exemple, traverse une partie de l’Alfama horizontalement et permet une exploration agréable.
Une autre stratégie consiste à identifier les points d’entrée et de sortie moins évidents. Au lieu de partir de la Sé, commencez votre exploration depuis le terminus du tram 28 à Martim Moniz ou depuis le quartier de Graça en descente. Cherchez sur votre carte les « escadinhas » (petits escaliers) et les « becos » (impasses qui sont parfois des passages). Certains, comme les Escadinhas da Saúde, dissimulent même des escalators publics qui vous permettent de franchir un dénivelé important sans effort.
Le meilleur moment pour une exploration personnelle et tranquille de l’Alfama reste le matin avant 9h. À cette heure, les rues appartiennent encore aux habitants. Vous entendrez le bruit des tasses à café, l’odeur du pain frais et le son lointain du fado qui s’échappe d’une fenêtre. C’est en sortant des flux principaux et en choisissant des horaires décalés que vous découvrirez le vrai visage de ce quartier magique, celui d’un village suspendu dans le temps.
En devenant l’architecte de votre propre itinéraire, vous ne faites pas que visiter l’Alfama, vous dialoguez avec lui, découvrant ses secrets à votre propre rythme et loin de la foule.
À retenir
- La maîtrise des « raccourcis verticaux » (ascenseurs, escalators gratuits) est la base d’une visite sans effort.
- Planifier ses itinéraires en « logique de descente » en commençant par le point le plus haut est la stratégie la plus efficace.
- Le choix des chaussures est primordial : privilégiez des semelles épaisses et antidérapantes adaptées à la « Calçada Portuguesa ».
Navegante ou Lisboa Card : quel pass choisir pour optimiser vos déplacements à Lisbonne ?
Une fois votre stratégie d’itinéraire établie, la dernière pièce du puzzle est le choix du bon titre de transport. À Lisbonne, deux options principales s’offrent aux visiteurs : le système de transport public Navegante (souvent via un pass 24h ou en mode « Zapping ») et la Lisboa Card. Le choix entre les deux dépendra entièrement de votre programme de visites et de la fréquence d’utilisation des transports.
Le système Navegante est le plus flexible et le plus économique si votre objectif principal est de vous déplacer. Vous achetez une carte rechargeable (0,50 €) que vous pouvez ensuite charger de deux manières. Le pass 24h (environ 7,25 €) offre un accès illimité au métro, bus, trams et funiculaires pour une journée complète. Il est rentable dès que vous prévoyez d’effectuer plus de 4 ou 5 trajets dans la journée. L’option « Zapping » consiste à charger la carte avec un certain montant (ex: 10 €) ; chaque trajet est alors débité à un tarif réduit (ex: 1,66 €). C’est idéal pour un usage modéré des transports.
La Lisboa Card, quant à elle, est un pass touristique tout-en-un. Pour un coût plus élevé (27 € pour 24h), elle inclut les mêmes transports que le pass Navegante, mais y ajoute les trains pour Sintra et Cascais, ainsi que l’entrée gratuite dans de nombreux monuments majeurs comme la Tour de Belém et le Monastère des Hiéronymites. Sa rentabilité est donc conditionnée à votre programme de visites. Si vous prévoyez de visiter au moins deux des monuments payants inclus dans la même journée, en plus de prendre les transports, elle devient alors avantageuse.
Pour faire le bon choix, il est essentiel de comparer les options en fonction de vos besoins réels, comme le détaille une analyse approfondie des pass de transport lisboètes.
| Critère | Navegante + Pass 24h | Lisboa Card 24h |
|---|---|---|
| Prix | 7,25€ (+0,50€ carte) | 27€ |
| Transports inclus | Métro, bus, trams, funiculaires | Idem + trains Sintra/Cascais |
| Entrées monuments | Non | Torre de Belém, Monastère Hiéronymites inclus |
| Rentabilité | Dès 5 trajets/jour | Si 2+ monuments majeurs visités |
| Flexibilité | Rechargeable, personnalisable | Activation immédiate, non modifiable |
Pour la plupart des visiteurs suivant une stratégie d’itinéraires à pied optimisés, le pass Navegante 24h ou le mode Zapping s’avère souvent le plus judicieux. La Lisboa Card ne devient un bon calcul que pour des journées très denses en visites de monuments payants. Prenez le temps de lister vos envies pour faire un choix éclairé et maîtriser votre budget.